ERAM

Historiquement, les campagnes de publicité Eram ont toujours gratté là où ça démange : se moquant du prix des chaussures de Roland Dumas dans les années 90, comme de la vague du « porno-chic » dans les années 2000 ou des débats sur l’exploitation du corps de la femme dans la publicité et plus récemment des travers de la mode. Toujours du côté des gens, du côté des rieurs, contre les puissants, les frimeurs, avec une seule devise depuis 35 ans : il faudrait être fou pour dépenser plus. Parce que la mode doit rester légère, fraîche, rigolote, impertinente.

La nouvelle campagne, conçue et réalisée par les ateliers devarrieux, ne faillit pas à la règle. C’est cette fois la famille, au cœur de la proposition commerciale de la marque, qui est mise en avant. À l’heure où les divorces sont de plus en plus nombreux en France, où le mariage homosexuel vient d’être légalisé à New York, Eram met les pieds dans le plat et affiche dans la rue et les magazines des portraits de familles comme on ne les montre jamais dans la publicité : déstructurées, recomposées, éclatées, décomposées. Des enfants qui ont deux mamans, d’autres qui ont un père, une mère et 3 belles mères, d’autres encore dont le beau père à l’âge d’être leur grand frère. La « vraie » vie, quoi. Mais si les familles explosent, l’esprit de famille reste. Car quoi qu’il en soit : « la famille c’est sacré ».

Un point de départ de réflexion sur la famille, une occasion de relancer dans la rue le débat sur l’adoption par les couples homosexuels mais surtout une campagne humoristique pour présenter une nouvelle collection de chaussures à petits prix : la nouvelle publicité Eram se veut tout ça à la fois.

Une fois encore, il faudrait être fou pour dépenser plus.