BOCAGE

Certaines images sortent du lot miraculeusement. La dernière image Bocage, à mon avis, est de celles-ci. On dira que c’est un peu prétentieux de la part de celui qui l’a faite.

Mais je sais suffisamment quelle fragilité de parcours est en filigrane pour ce genre d’image pour assumer le terme de miracle.

Il y a une grâce qui n’est pas évidente sur le croquis de départ, une telle absence d’idée au sens connotatif, que le risque de la banalité, le pire, est énorme.

En plus comme vous n’avez pas des masses d’argent, l’exécution peut accentuer la pauvreté du message, vous n’êtes plus seulement banal, vous devenez indigent et vulgaire.

J’aime cette image parce que justement, elle évite ces écueils et se réinvente ailleurs dans quelque chose de pas vu, de nouveau et que seuls, des gens qui s’attachent aux images, peuvent apprécier. Ils sont nombreux chez celles et ceux qui suivent la mode.

C’est une image à la fois chiffonnée, ce qui lui donne de l’énergie, mais aussi très construite, ce qui lui donne de la sophistication. Une sophistication chiffonnée, c’est presque du Glamour.

Ensuite, curieusement, de cette absence d’idée, de soulignement, se dégage un axe stratégique qui est bien celui que nous cherchons à exprimer : c’est à dire une image du couple assez province sans être évidemment condescendante, ce que, pour le coup, cette image n’est pas.

N’avons nous pas une image de ces couples amoureux qui dansent le rock de façon éblouissante le vendredi soir ?

Finalement en cherchant à photographier des chaussures homme et femme, nous avons réussi à trouver une image plus large, plus haute, plus rassembleuse et créatrice, pour le coup, de valeur.

Un vrai coup de pot, non