La parole est reine, le langage est souverain.

Quelque soit le média, le support ou le canal, la parole est reine, le langage est souverain. La langue structure le récit et organise les champs de pouvoir. C’est comme ça, on y peut rien, les analphabètes ne peuvent pas triompher.

Sauf par la violence, évidemment, de l’invective, du matraquage de messages, du viol par l’image ou du bruit.

Mais un mot, une phrase, qui forment un sens un peu cruel, persifleur, ironique, complice, peuvent inventer un nouveau territoire, construire une nouvelle sympathie, baliser un nouveau terrain de jeux.

C’est ce qui reste, ce dont on se souvient, quand on se bat encore à mesurer les quantités de data et leurs retours sur investissement (ROI). Car les data ne poussent pas comme les dattes, elles sont provoquées, industrialisées, agencées, croisées, triées, recoupées et ça coûte cher forcément.

Alors qu’un petit slogan de derrière les fagots trouvé un dimanche matin en rangeant du bois, ça coûte pas cher à produire, ça se vend bien, et ça peut drôlement rapporter.

C’est quand même un beau métier, la conversation. De plus, pas besoin de voyager parce que c’est circonscrit au pays qui la comprend. La langue est quasi vernaculaire. C’est un idiome. Car nous sommes des idiots, c’est à dire gens particuliers, des personnes, ces fameux individus que traquent les datas.

Savent-elles qu’elles traquent des idiots ? Et que finalement leur pratique porte le doux nom d’idiotie ?

Les imbéciles ne sont pas des idiots. Ce sont des cons. Comme quoi les mots sont précis.