Dans les filets du net

Paris, il pleut, un orage de fin août, en pleine nuit. C’est bon pour l’anguille. A cette époque je me souviens qu’on installe les nasses dans le courant et quand à l’aube on les relève, il n’est pas rare qu’on le fasse sous la pluie battante au milieu des éclairs. Les longues bestioles se débattent pendant qu’on les extrait pour les mettre aux seaux. Bon, c’est interdit, puisque c’est du braconnage mais on relâche les petites, on ne garde que les grosses, celles qui ont fait l’aller retour jusqu’aux Sargasses, en pleine Caraïbe, et qui sont revenues jusqu’au fond du bocage. La pêche obéit à de très vieilles traditions françaises comme chaque pays a les siennes pour attraper le poisson. J’ai lu récemment dans un ouvrage de géographie contemporaine, un éloge d’un magasin de filets de pèches a Bordeaux, visiblement la Mecque en la matière, de la truite à la limande, toutes les mailles de toutes les formes de filets sont fabriquées et vendues dans cet endroit. Curieusement, cela m’a fait penser à un e-mail reçu dernièrement où on tentait de m’expliquer comment améliorer le référencement d’un site sur internet. Tout l’argumentaire reposait sur une suite d’astuces, de trucs, de recettes et de raccourcis, pour déjouer l’attention des moteurs de recherche et leurs algorithmes pour remonter dans les classements et apparaitre ainsi au début de la recherche. Très empirique la méthode, rappelle les qualités du bon pêcheur à la mouche, qui regarde la truite dans les yeux avant de la ferrer. Patience et ruse semblent être les deux mamelles du bon webmaster qui a comme champ d’intervention le champ immense du net, qui jette ses filets sur les mots-clefs pour piéger l’internaute. C’est amusant de voir que le web recycle les talents et les instincts de ceux qui parcourent les plaines et les sous bois. Ca ouvre des perspectives.