L’atelier

L'Atelier du peintre, Gustave Courbet

L’Atelier du peintre — Gustave Courbet — Huile sur toile, 1855

Symbole du travail de transformation de la matière en objet fini, l’atelier est l’endroit où on élabore en équipe. Il y eut les ateliers des siècles passés, accompagnant la révolution industrielle et signes du progrès, les ateliers des peintres, célébrés par le XIX siècle, les ateliers de couture, qui ont donné des personnages célèbres et dont découle la mode, bref l’atelier est un endroit fertile pour communiquer la production des choses et des œuvres.

Métaphore donc, de la pratique de la communication, qui trop souvent cantonnée au discours, ne met pas assez le processus de production en avant. Pourtant un beau texte sans une bonne typographie et un beau papier, un bon film avec une lumière pourrie, une bonne idée visuelle avec un stylisme navrant, une bande son ratée, une coiffure démodée, ruinent à coup sûr des partis pris stratégiques forts. Produire ce que le cerveau a conçu est laborieux mais les consommateurs ne voient que l’objet fini. L’objet de communication est tellement complexe qu’il demande la participation de métiers forts nombreux et différents : directeurs artistiques, graphistes, coiffeurs, habilleuses, typographes, stylistes, rédacteurs, concepteurs rédacteurs, journalistes, web masters, designers, etc… et dans toutes ces catégories de talents il faut prendre les bons, les pas plus chers toujours, les disponibles. Puis il faut les faire travailler ensemble. Dans un atelier.

Le tableau de Courbet résume bien tout cela.
Courbet est un provocateur, il se sert de ce tableau de très grand format pour affirmer un certain nombre de choses. D’abord que le sujet de la peinture est d’abord la peinture, ce qui est très nouveau à une époque où le bourgeois est attiré par les ruines symboliques neo classiques. Courbet dit aussi que la peinture n’a pas le sacré comme sujet, mais l’ordinaire, le vrai. Ainsi il s’éloigne des sujets mythologiques ronflants de ses concurrents, il met le vrai, le cru, sur ses toiles, c’est une révolution. Par certains aspects la situation est toujours la même, le public cherche surtout des rêves éveillés et refuse la confrontation avec la réalité. Car le public a remplacé le bourgeois. Enfin Courbet est aussi un artiste moderne dans la mesure où il fait avec ce tableau le portrait de la société, on y reconnaît pas mal d’acteurs politiques, des medias et de son entourage. Ont été identifiés, Baudelaire, Barras, Napoléon III et quelques autres qui faisaient l’actualité de ce temps là. En les faisant entrer dans l’atelier, Courbet montrait que la peinture ne pouvait pas se soustraire à l’époque.

Immodestement on comprend là en quoi ce tableau est intéressant pour illustrer le domaine d’activité des ateliers devarrieux.
Together…toujours.